Keiji HORIBÉ

Calligraphie japonaise

28, rue des Petites Pannes | 49100 Angers | 06 85 23 30 35

Qu'est-ce que le travail de calligraphie japonaise ou le « Shodô » peut nous apporter ?

"apprendre le savoir-faire et le savoir-être"

 

(Sur le plan moral)

  • Cultiver l'ouverture d'esprit : découvrir une autre écriture, une autre civilisation, une autre culture et apprendre que la différence culturelle ne peuvent qu'enrichir notre humanité et servir notre épanouissement personnel.

  • Découvrir un autre rapport à l'écriture et à la lecture. Les élèves connaissent l'écriture romane : pour eux le sens du mot prévaut grâce au déchiffrage ; son tracé ne focalise guère l'attention, d' autant plus aujourd'hui avec la généralisation du numérique. Dans l'écriture japonaise, les idéogrammes sont dès l'origine visuellement parlants puisque leurs traits sont issus de l'évolution d'un dessin initial. Même sans comprendre la signification d'un idéogramme, son tracé calligraphié suscite à lui seul une interprétation, un ressenti.

    Le tracé ne s'éclipse pas derrière le sens du mot mais au contraire est vecteur de quelque chose qui parle.

  • Découvrir un univers méditatif agréable, expérimenter une voie tendant vers l'introspection et l'apaisement interne

  • Apprendre l'importance d'avoir un esprit clairvoyant face à la réalisation calligraphique, et par extension dans la société : optimiser sa concentration et sa patience, développer sa propension à prendre du recul et lâcher prise ; la perfection de la technique n'étant pas le but ultime

  • Développer la socialisation : (re-)découvrir le plaisir d'échanger des sensations ou des impressions entre les camarades à travers la création (apprécier sa réussite, celle des autres, partager ses difficultés ou le plaisir, accepter l'imparfait, accueillir ce qui peut « lâcher » en soi et en l'autre, etc...).

  • Apprendre à composer avec le cadre donné (ordre des traits, règles de tracé...), se l'approprier après en avoir compris le fondement

 

(Sur le plan technique)

  • repérer et apprendre à calligraphier des mots japonais utilisés en Français (Karaté, Manga, Origami, etc...), réfléchir sur leur sens

  • apprendre la minutie et la précision des gestes, travailler sa dextérité

  • structurer l'espace (apprendre à « organiser » l'espace)

  • observer et reconnaître une propriété

  • adapter son geste aux contraintes matérielles

  • apprivoiser son geste pour dessiner en synergie avec son cœur

  • apprendre à s'exprimer au niveau de l'écriture dans un cadre imposé

  • apprendre à analyser les difficultés rencontrées (réfléchir au lien de cause à effet) et trouver des solutions, surmonter les blocages énergétiques et/ou émotionnels

 

 

Je constate que la culture japonaise en général éveille la curiosité des Français d'aujourd'hui. Beaucoup de jeunes s'y intéressent d'abord grâce aux « Mangas » et aux dessins animés japonais, puis aux arts martiaux qui les ouvrent à un état d'esprit différent, à un autre rapport avec les activités de loisir.

 

La découverte du Shodô est intéressante car c'est à mon sens en quelque sorte une école de la vie.

 

Prenons un exemple, le mot « homme» qui se prononce en japonais ''hito'' ().

Cetteécriture est appelée « Kanji » : c'est un idéogramme venant de Chine.

Le caractère de « homme » (''hito'' ) se compose de deux traits différents mais symétriques, comme appuyés l'un contre l'autre. Il est enseigné de la manière suivante au Japon :

 

S'il manque l'un des deux traits, ou si l'un est disproportionné, le caractère de l'homme perd son ''équilibre'' et ne peut pas se construire, voire ''exister''.

Il en est de même pour notre vie. Personne ne peut « exister » seul. L'entraide entre les peuples et le respect de leur environnement sont les clés d'une existence harmonieuse.

Voilà pourquoi, nous avons besoin d'apprendre à respecter les autres et la nature.

 

Cet idéogramme paraît simple ; pourtant l'expérimentation de son tracé au pinceau s'avérera plus complexe que prévu... L'élève part à la recherche de cet équilibre des traits. Il expérimentera que, face à la difficulté, l'issue est de faire appel à sa faculté d'analyse, au fil des essais et de la répétition du geste, pour trouver le juste dosage de la technique et de sa sensibilité. Il cherchera peut-être à s'affranchir des règles de traçage pour finalement comprendre leur bien fondé. Il échangera avec les autres, tantôt découragé, tantôt encouragé et encouragera en retour.

Cette recherche fait écho à ce que chacun peut vivre dans son existence propre : dans son rapport à l'autre et aux difficultés de la vie, sa capacité à (se) faire confiance et à lâcher prise aident à s'épanouir dans une société normée.

 

Voici comment un petit exercice de calligraphie peut nous apprendre beaucoup de secrets sur la vie, sur l'harmonie universelle.